AID BW OISP

L'AID BW-OISP fait partie du réseau AID, comme Actions intégrées de Développement. Le réseau AID regroupe une multitude de projets d’insertion sociale et professionnelle articulés autour de la formation et/ou de l’emploi, des projets ancrés dans un tissu socio-économique et culturel local. L'AID BW-OISP propose des actions de formation qui visent l’émancipation sociale des personnes à travers un emploi durable et de qualité.

En pratique, l'AID BW-OISP veille, d’une part, à procurer au stagiaire les connaissances théoriques et pratiques du métier. Les compétences sont acquises par la résolution de cas concrets, lors des cours, dans des ateliers d’approfondissement ainsi que par des mises en situation. Elle a, d'autre part, le souci est que le stagiaire construise des liens avec le monde de l’entreprise (via les stages notamment) et intègre les règles en vigueur dans le monde du travail (rigueur, ponctualité, esprit d’initiative…). Enfin, et parallèlement à ceci, la formation intègre un important projet de développement personnel (confiance en soi, participation active à la vie de groupe, développement du sens critique,  respect des règles et du cadre de vie). Le stagiaire reçoit un soutien permanent tout au long de sa formation. Sa progression et l’évolution de son projet est soumis à une évaluation constante.

http://www.aid-bw.be/ 

Caractéristiques du centre: 

En tant que CISP (Centre d'Insertion Socio-Professionnelle), en plus du PMTIC, deux grandes filières de formation sont proposées à l'AID BW-OISP :

  • Bureautique : formation de 9 mois visant l'apprentissage du métier d'employé de bureau;
  • Communication graphique : formation de 12 mois visant des débouchés dans le secteur de l'infographie.

L'AID BW-OISP a deux implantations :

  • Nivelles : implantation du siège social et siège d'activité pour les formations Bureautiques et PMTIC
  • Cours saint Etienne : siège d'activité pour la formation Communication graphique

L'AID BW-OISP s'insère dans une tradition partenariale, basée sur un réseau local, permettant la collaboration avec d'autres CISP.  Dans ce cadre, d'autres projets de formation sont régulièrement mis en place (exemples de projets ayant eu lieu en collaboration avec les CPAS de la région : formation vers les métiers, cartes vers l’emploi). De plus, des actions spécifiques sont régulièrement menées dans le cadre des appels à projets Forem (exemple : orientation professionnelle).

Espace de travail: 

12 personnes travaillent à l'AID BW-OISP :

  • une directrice
  • une coordinatrice pédagogique 
  • une assistante administrative
  • 9 formateurs/trices (dont un formateur PMTIC)

AID BWAID BWAID BW

Formateur/formatrice: 
Mathieu Decrême
Entretien: 

MJ : Citez un point essentiel pour votre formation PMTIC.
MD : À l’AID, nous faisons extrêmement attention à la cohésion du groupe et à la place de chaque individu dans ce groupe, et ce pour toutes les formations dispensées. Lors des formations PMTIC, ma première priorité est d’établir un lien entre les personnes qui ne se connaissent pas. J’essaie de mettre en place une ambiance détendue, conviviale et ouverte. Pendant les séances, j’incite les bénéficiaires à échanger entre eux, à s’aider. Parfois un tutorat se met en place. Le respect et la bienveillance sont le ciment du groupe.
Pour souder le groupe, dès le début et jusqu’à la fin de la formation, je prends soin d’organiser des moments informels (ex. pause, temps de midi) conviviaux. Chacun  apporte un petit truc à manger à son tour et cela se met en place très naturellement. J’incite à cette pratique en apportant moi-même quelque chose à la première séance et après, chacun prend le relai. Sur les temps de midi, nous mangeons toujours tous ensemble, en groupe PMTIC. Je reste avec eux en permanence pour renforcer le groupe. C’est dans ces moments-là que les stagiaires se confient sur ce qu’ils ont fait auparavant, leur souhait, leur appréhension face à l’informatique, etc. Ces moments informels nourrissent les cours. Je ne cherche pas vraiment des informations sur mes stagiaires, mais je m’intéresse à chacun d’eux et ensuite j’utilise ce qui a été dit pour donner du sens à ma formation et montrer que je suis présent, avec eux, à l’écoute, et ce de la première à la dernière heure.
Je veille à ce que chacun trouve sa place dans ce groupe. Pendant les séances, je vais vers chacun d’entre eux et je les rassure sur les pratiques, le rythme de progression. Je parle individuellement à chacun. J’essaie d’avoir une grande proximité avec chaque personne, même celles les moins accessibles dans la salle. Cette proximité est essentielle pour que chacun puisse apprendre et je la mets en place par des échanges attentifs, mais aussi par un contact physique rassurant, des gestes simples. J’affirme ainsi  ma présence et ma disponibilité.
Il me semble très important de travailler la cohésion du groupe et de veiller à respecter la  singularité des personnes en parallèle. Les bénéficiaires doivent se sentir bien dans ma classe, à leur place, appartenant à un groupe.

MJ : Que pouvez-vous nous dire sur vos méthodes d’enseignement ?
MD : Au niveau des méthodes que j’utilise pour favoriser l’apprentissage, je dirais qu’il y a plusieurs axes à prendre en compte.
Tout d’abord, en tout début de formation, j’explique tous les points de matière qui pourraient être vus pendant la formation. Chacun dit ce qu’il souhaiterait apprendre et on élabore un programme de formation ensemble. Ils sont maitres de leur formation. En général, tous viennent un peu chercher la même chose (des bases pour pouvoir rechercher de l’emploi en ligne et y postuler correctement et des connaissances pour pouvoir effectuer des manipulations courantes en ligne comme le PC banking, la déclaration d’impôts, etc.). 
Ensuite, au niveau des méthodes pédagogiques, je privilégie les exposés interactifs : brièvement, je présente des procédures à l’écran, les bénéficiaires les imitent puis font des exercices pour s’entrainer. Je les incite à poser des questions et je répète tant que nécessaire. Lorsqu’ils s’exercent, je passe derrière chacun d’eux pour les aider, donner des feedbacks, les encourager.
Pour faciliter l’apprentissage, j’essaie de raccrocher ce qui est proposé à des situations rencontrées dans la vie de tous les jours ; je précise à quoi cela va leur servir, en essayant d’être le plus simple possible. De plus, je n’hésite pas à dessiner au tableau, à utiliser des schémas pour faciliter la compréhension. Parfois, je lance des défis, que les stagiaires relèvent avec plaisir. En début de séance, je consacre toujours quelques minutes à synthétiser ce qu’on a vu la veille et à refaire un exercice pour récapituler ce qui doit être retenu. En fin de formation, je fais des résumés des points clés.
Pour réduire l’anxiété souvent associée à l’apprentissage, à la salle de classe, j’utilise l’humour, je fais des blagues et je suis un peu théâtral dans ma façon de présenter les choses.
Je ne fais pas d’évaluation formelle. Ma proximité permanente avec chacun d’eux me permet de les suivre, de savoir où ils en sont. Par contre, j’utilise beaucoup l’auto-évaluation. Par exemple, en fin de formation, on fait un débriefing tous ensemble. On revient sur les attentes de départ et chacun s’exprime sur ses acquis, ce qui reste fragile et ce qui n’est pas du tout assimilé. Souvent ils se sous-estiment. Du coup, je me demande si ce ne serait pas intéressant de confronter leur auto-évaluation à une évaluation plus formelle afin qu’ils se rendent compte de leur progrès. Je vois bien comment je pourrais mettre cela en place et ce serait très valorisant pour la personne !
Dès le départ, je leur dis «quels que soient le niveau avec lequel tu es arrivé et le niveau avec lequel tu vas repartir, tu repartiras avec quelque chose ». Et d’ailleurs, chacun repart avec une attestation !  Mon objectif principal est que les stagiaires n’aient plus peur de l’ordinateur, soit rassuré et ça fonctionne.
Pour moi, il n’y a jamais deux sessions de formation identiques. Je m’adapte tout le temps au groupe et aux stagiaires. Même physiquement, je ne suis pas figé. Je suis toujours en mouvement. Je n’improvise pas, j’ai un fil rouge, mais je me sers de situations qui se présentent et du groupe pour aborder la matière donc ce n’est jamais deux fois la même chose.

MJ : Comment faites-vous pour réguler vos pratiques ?
MD : À l’AID, l’équipe est très présente. On a beaucoup de discussions entre collègues : formelles, lors des réunions pédagogiques (ayant lieu toutes les 6 semaines), ou informelles, sur les temps de midi ou dans les couloirs. On partage très facilement et quasi en permanence nos découvertes, nos doutes, nos réflexions, etc. Dès qu’un problème se présente dans une formation, ou qu’une erreur a été faite par l’un de nous, c’est mis sur la table et une solution se construit collectivement, en équipe. Certains de mes collègues ont une grande expérience et je n’hésite pas à les solliciter dès que le besoin est là.
Nous avons aussi une culture de formation continue importante, encouragée par la hiérarchie. Chaque année un programme de formation est proposé et chacun est invité à participer à ce qu’il estime être important pour lui. En conséquence, le métier de formateur est vraiment reconnu et on se sent valorisé et encouragé à aller plus loin.
Cette cohésion d’équipe est renforcée par le fait que chaque formateur est appelé à participer à la formation d’un autre. On intervient les un chez les autres, ce qui nous permet de savoir ce que font les autres et de comprendre le contexte de chacun. Ça rapproche !
La bienveillance et l’ouverture que l’on trouve à l’AID me permettent d’avoir une liberté pédagogique, mais aussi une réflexion permanente sur mes pratiques, sans peur. Je peux me lancer dans des projets parfois un peu fous (ex : les histoires digitales). L’équipe est fondamentale dans nos actions et notre philosophie et c’est vraiment bénéfique pour nos pratiques. C’est peut-être pour ça que dans nos formations, on fait vraiment attention à la dynamique de groupe !