Espérance ASBL

Située de la ville de Liège, Espérance est une petite structure créée en 1999. Située au cœur d’une « Zone d'Initiatives Privilégiées »,  le principal objectif de cette asbl est de favoriser l’insertion des personnes en situation précaire et éloignées de l’emploi en leur proposant des formations d’initiation à l’informatique, d’alphabétisation ou encore de Français Langue Etrangère (FLE).

Caractéristiques du centre: 

centre espéranceEspérance est un centre de formation qui accueille les bénéficiaires de façon continue (entrées permanentes).
Trois formations sont proposées :

  • Initiation à l’Informatique
  • Alphabétisation
  • Français Langue étrangère

Une formation à la citoyenneté est depuis peu envisagée et pourrait être mise en place courant 2017. Un seul formateur est en charge de l’ensemble de ces formations.

Espace de travail: 

esperance espace de travailL'espace de travail est composé d’une  salle informatique contenant 9 ordinateurs. Une deuxième salle de formation, non équipée d’ordinateurs est disponibles pour les formations alpha et FLE.

Formateur/formatrice: 
Moise Niundu Bodo
Entretien: 

MJ : Comment faites-vous pour individualiser les parcours de formation de vos bénéficiaires ?
M NB : Chez Espérance, l’individualisation est un point clé du programme pédagogique et cela est d’autant plus important que nous accueillons les bénéficiaires en entrée permanente. Concrètement, cela signifie qu’à chaque fois que quelqu’un se présente pour suivre la formation PMTIC, il ne doit pas attendre qu’un groupe se forme mais peut commencer la formation tout de suite. Dans un premier temps, je discute avec lui et lui demande ce qu’il vient chercher. Je note ses attentes et ses besoins pour lui proposer un parcours de formation adapté. Ensuite, je lui propose de prendre en main l’ordinateur pour évaluer ses connaissances sur des notions de base telles que la manipulation de la souris et du clavier ou encore la création de dossiers. Ce sont les éléments indispensables à maitriser pour pouvoir aller plus loin.  Les bénéficiaires ont des niveaux très différents lorsqu’ils arrivent chez nous ; certains maitrisent les bases (les jeunes surtout) alors que d’autres n’ont jamais touché une souris. Je dois donc évaluer la maitrise de ces notions de bases pour adapter la formation. Si ces notions sont maitrisées, on aborde directement ce que le bénéficiaire est venu chercher (par exemple, apprendre à naviguer sur Internet, se créer une adresse mail ou utiliser Word pour créer un CV) ; dans ce cas-là, on pioche dans les contenus proposés sur le site PMTIC en fonction des objectifs du bénéficiaire. Sinon, nous reprenons les choses dès le début.
Lors des séances, il y a souvent un groupe faible et un groupe plus avancé. Je donne des exercices et des explications adaptés à chacun et chacun avance à son propre rythme. Lorsque le bénéficiaire sait utiliser la souris, j’utilise aussi le site PMTIC pour qu’il explore la matière dont il a besoin.
Je dois aussi tenir compte d’une autre caractéristique de certains de mes bénéficiaires : la maitrise de la langue française. En effet, certains bénéficiaires ne parlent pas du tout français. Dans ce cas-là, je les dirige vers la formation FLE avant de faire du PMTIC. Pour ceux qui maitrisent un peu la langue, je leur propose du PMTIC mais j’adapte mes méthodes. Par exemple, alors que je donne souvent un peu de théorie aux bénéificiaires avant de les lancer dans la pratique, pour les bénéficiaires ne maitrisant pas bien le français, je préfère leur montrer une manipulation, ils l’imitent et ensuite se lancent dans des exercices seuls. J’évite de leur donner de la théorie.

MJ : Comment réagissez-vous lorsque les stagiaires signalent leurs difficultés (contenu, rythme, priorités, style, …) ?
M NB : Si quelqu’un a des difficultés, un problème, il l’expose à toute la salle. Tous les bénéificiaires présents écoutent le problème et  chacun peut intervenir. Soit on discute du problème en collectif, soit un bénéficiaire propose de venir montrer au bénéficiaire en difficulté comment résoudre son problème. J’aime favoriser le tutorat entre bénéficiaires de niveau différent car ça se passe toujours très bien. Les bénéficiaires sont contents de pouvoir aider et parfois ça les aide à intégrer la matière. Et puis, le bénéficiaire qui reçoit de l’aide apprécie que l’explication vienne d’un de ses pairs ; c’est parfois plus facile à comprendre pour lui que si c’était moi qui lui donnait l’explication.
Ces moments de partage permettent de former un groupe autour d’une situation. Comme chacun travaille sur ses propres contenus, c’est vraiment bien d’avoir cette cohésion.  En plus, ce sont  des piqures de rappel pour ceux qui sont déjà avancés ; c’est important aussi ! 

MJ : Qu’évaluez-vous durant les formations PMTIC ?
M NB : Pour les plus faibles, la plupart du temps, je n’évalue que les savoirs faire et non les savoirs. Ils ne sont pas intéressés par les savoirs, préfèrent apprendre à faire concrètement et se rendre compte qu’ils savent faire, mettre en place une procédure.
Pour évaluer, la plupart du temps je propose une tâche à réaliser seul et je m’intéresse : 

  • A la procédure mise en place par le bénéficiaire pour réaliser la tâche ; par exemple, je l’interroge sur les étapes de résolution pour m’assurer que la procédure appliquée est efficace
  • Au résultat, à la finalité ;  j’évalue si le résultat proposé par le bénéficiaire correspond au résultat que j’attendais.